EMG · Ponction lombaire · Toxine botulique

Actes techniques du neurologue : EMG, PL, toxine

EMG, ponction lombaire, toxine : chaque acte a son risque. Un acte absent de la définition d’activité de votre RCP peut ne pas être couvert.

Votre devis en 2 min

Un courtier spécialisé, réponse sous 24 h.

Demander mon devis

Gratuit et sans engagement

Le principe

Un acte non déclaré est un acte non couvert

C’est la règle la plus simple du contrat de responsabilité médicale, et la plus souvent négligée.

Électromyographie (EMG)
Détection à l’aiguille, stimulodétection, potentiels évoqués : à nommer explicitement.
Ponction lombaire
Acte invasif à part entière, avec un risque documenté et des contre-indications formelles.
Injections de toxine botulique
Dystonie, spasticité, migraine chronique : prescription réservée aux spécialistes expérimentés.
EEG et explorations du sommeil
Le risque n’est pas le geste mais l’interprétation et le compte rendu.
Téléexpertise et téléconsultation
Un cadre d’exercice à part, à prévoir au contrat au même titre qu’un acte.

L’EMG

Électromyogramme : un risque faible, un compte rendu critique

L’EMG de détection à l’aiguille saigne peu. Dans la principale série publiée (Mayo Clinic, Muscle & Nerve, 2008), environ 35 % des patients étaient sous anticoagulant ou antiagrégant, sans aucun hématome cliniquement significatif.

L’hémorragie asymptomatique y est estimée autour de 1 %. Une autre série ne rapporte aucun pneumothorax sur 24 718 procédures en quatorze ans.

Le pneumothorax reste pourtant la complication grave décrite, avec des aiguilles en muscles thoraciques, paravertébraux, diaphragmatiques ou serratus. Rare mais sérieux : à mentionner dans l’information préalable.

Le point médico-légal

Parmi les treize déclarations de neurologues en 2024 figure une erreur de latéralité sur un compte rendu d’EMG : le mauvais côté a été traité.

Le risque de l’EMG n’est pas seulement dans l’aiguille. Il est dans ce qui est écrit ensuite, et dans les décisions que ce compte rendu déclenche.

Deux réflexes qui protègent.

Sur le geste : notez le traitement anticoagulant en cours et l’information donnée, surtout avant un abord thoracique ou paravertébral.

Sur le compte rendu : relisez toujours la latéralité et la concordance entre le texte et les tracés. C’est l’erreur la moins excusable en expertise, et la plus simple à éviter.

L’information

Annonce diagnostique et devoir d’information

En neurologie, l’annonce porte souvent sur un pronostic grave et irréversible. Le droit y est particulièrement exigeant.

Ce que cela change en neurologie

Une patiente en âge de procréer mise sous antiépileptique tératogène sans attestation cosignée. Un patient sous natalizumab non informé du risque de LEMP. Une injection de toxine sans mention du risque de dysphagie.

Dans chaque cas, le défaut d’information est reprochable indépendamment de la qualité du geste ou de la prescription.

Charge de la preuve

Article L.1111-2 du code de la santé publique

L’information porte sur les examens et traitements proposés, leur utilité, leur urgence, leurs conséquences, leurs risques, les alternatives et les conséquences d’un refus.

Le texte est clair : « En cas de litige, il appartient au professionnel ou à l’établissement de santé d’apporter la preuve que l’information a été délivrée à l’intéressé. Cette preuve peut être apportée par tout moyen. »

Ce renversement de la preuve date de l’arrêt Hédreul (Cass. 1re civ., 25 février 1997, n° 94-19.685) : c’est au médecin de prouver qu’il a informé, pas au patient de prouver le contraire.

La Cour de cassation a ensuite consacré le préjudice d’impréparation (1re civ., 23 janvier 2019, n° 18-10.706). Ne pas informer d’un risque fréquent ou grave cause un préjudice moral à part, réparable dès que ce risque se réalise, même sans aucune faute technique.

Vos actes de neurologue

EMG, ponction lombaire, toxine botulique : une définition d’activité qui couvre ce que vous pratiquez vraiment.

Obtenir mon devis
  • Actes techniques nommés au contrat
  • Prescriptions à risque couvertes
  • Défaut d’information garanti
  • Devis gratuit et sans engagement

Ponction lombaire

Ponction lombaire : la contre-indication est le vrai sujet

Ce qui protège en expertise

  • ✓La trace écrite des signes recherchés et écartés avant le geste
  • ✓L’imagerie préalable dès qu’un signe de localisation, une crise ou une HTIC est suspectée
  • ✓Le recueil du traitement anticoagulant ou antiagrégant en cours
  • ✓L’information sur le risque de céphalées post-PL, fréquent donc obligatoire

Ce qui expose

  • ✕Une ponction réalisée sans imagerie devant un signe de localisation
  • ✕Un dossier muet sur le motif et sur les contre-indications écartées
  • ✕Une information limitée au consentement oral non tracé

Le syndrome post-ponction lombaire (céphalées posturales) touche 15 à 40 % des ponctions diagnostiques. Il apparaît dans les 48 heures chez deux tiers des patients, dans les trois jours chez 90 %.

Bénin le plus souvent, il est assez fréquent pour figurer dans l’information préalable. Un risque fréquent non annoncé ouvre à lui seul un préjudice d’impréparation.

Les complications graves (hématome sous-dural, thrombose veineuse cérébrale) sont exceptionnelles. Le risque majeur reste l’engagement cérébral chez un patient en hypertension intracrânienne.

Règle de pratique

Imagerie cérébrale avant ponction lombaire

Selon le Collège des enseignants de neurologie, tout signe de localisation, toute crise épileptique et toute suspicion d’hypertension intracrânienne imposent une imagerie cérébrale avant la ponction.

En expertise, l’absence d’imagerie devant l’un de ces signes est le manquement le plus directement reprochable, parce que la règle est écrite et connue.

Toxine botulique

Toxine botulique : le risque de diffusion à distance

La toxine botulique prend une place croissante en neurologie : blépharospasme, spasme hémifacial, dystonie cervicale, spasticité, migraine chronique.

Le résumé des caractéristiques du produit et l’ANSM décrivent des effets liés à la diffusion de la toxine à distance du site, avec de très rares décès, parfois après une dysphagie, une pneumopathie d’inhalation ou une asthénie importante.

Les patients avec des troubles neurologiques, surtout de la déglutition, sont plus à risque. La prescription est réservée aux spécialistes expérimentés, en milieu hospitalier ou spécialisé.

Le point de vigilance médico-légal.

Le contentieux ne porte pas sur l’effet connu lui-même, mais sur son annonce préalable. Un risque grave décrit dans le résumé du produit et non expliqué au patient est un manquement au devoir d’information, indemnisable même sans faute technique.

Tracez dose, site, effets possibles et conduite à tenir.

Prescriptions

Les prescriptions à haut risque du neurologue

En neurologie, l’ordonnance est un acte à risque autant que le geste, et le cadre réglementaire y est devenu très contraignant.

Valproate : le précédent français

Le dossier du valproate de sodium a conduit à créer un dispositif d’indemnisation géré par l’ONIAM : article 150 de la loi de finances pour 2017 et décret n° 2017-810 du 5 mai 2017, en vigueur depuis le 1er juin 2017.

Selon son rapport d’activité 2025, il a reçu 4 282 demandes, pour 148,8 M€ d’offres et 122,7 M€ versés.

Une étude EPI-PHARE (ANSM et CNAM) publiée le 6 novembre 2025 pointe aussi l’exposition paternelle. Sur 2,8 millions d’enfants nés entre 2010 et 2015, 4 773 avaient un père traité par valproate pendant la spermatogenèse. 583 présentaient un trouble neurodéveloppemental, avec un risque de trouble du développement intellectuel doublé.

Le topiramate suit la même voie : prescription initiale annuelle par le neurologue ou le pédiatre, étendue au médecin de la douleur pour la migraine depuis le 6 janvier 2025, et attestation annuelle. La carbamazépine est aussi concernée.

Immunosuppresseurs et biothérapies de la SEP

Pour le natalizumab, le guide de l’ANSM retient trois facteurs de risque de LEMP : les anticorps anti-virus JC, la durée de traitement (surtout au-delà de deux ans) et un immunosuppresseur antérieur.

Chez les patients anti-JCV négatifs, l’incidence est estimée à 0,1 pour 1 000. Un algorithme de stratification (sérologie, index d’anticorps, durée) doit être appliqué et tracé.

Les autres traitements de fond ont leurs surveillances : cardiaque et ophtalmologique sous modulateur S1P, immunoglobulines sous anti-CD20. Tous font l’objet d’un plan de gestion des risques.

Ce que l’assureur regarde.

Dans ces dossiers, la faute reprochée est presque toujours documentaire : une attestation non cosignée, une sérologie JCV non refaite, un bilan de surveillance non planifié.

La RCP couvre la conséquence, mais c’est la traçabilité qui décide de l’issue de l’expertise.

ObligationContenuDepuis
Attestation annuelle d’information partagéeRemplace le formulaire d’accord de soins pour les filles, adolescentes et femmes en âge de procréer ; cosignée médecin / patiente6 janvier 2025
Extension aux hommes et adolescentsInitiation réservée au neurologue, au psychiatre ou au pédiatre ; attestation annuelle cosignée6 janvier 2025
Mise en conformité des patients déjà traitésRégularisation des hommes et adolescents sous traitement30 juin 2025
Délivrance en pharmacieConditionnée à la présentation de l’attestation cosignée accompagnant l’ordonnance6 janvier 2025

Conditions de prescription et de délivrance du valproate et de ses dérivés (ANSM). Un pictogramme « grossesse / danger » figure sur les conditionnements.

Questions fréquentes

Questions fréquentes sur les actes techniques du neurologue

Mes actes techniques sont-ils couverts automatiquement par ma RCP ?
Non. La garantie joue dans les limites de la définition d’activité inscrite aux conditions particulières. L’EMG, la ponction lombaire, la toxine botulique, l’EEG et les explorations du sommeil doivent y figurer nommément, sinon l’assureur peut dire que l’acte sort du périmètre garanti.
L’EMG est-il risqué chez un patient sous anticoagulant ?
Les données sont rassurantes. Dans la principale série publiée (Mayo Clinic, Muscle & Nerve, 2008), environ 35 % des patients étaient sous anticoagulant ou antiagrégant, sans hématome cliniquement significatif. Le risque à surveiller est plutôt le pneumothorax lors d’abords thoraciques ou paravertébraux, rare mais grave.
Quelle est la fréquence des céphalées après une ponction lombaire ?
Le syndrome post-ponction lombaire touche 15 à 40 % des ponctions diagnostiques. Il apparaît dans les 48 heures chez deux tiers des patients et dans les trois jours chez 90 % d’entre eux. Sa fréquence impose de le mentionner dans l’information préalable.
Quand faut-il une imagerie avant une ponction lombaire ?
Dès qu’existe un signe de localisation neurologique, une crise épileptique ou une suspicion d’hypertension intracrânienne. L’imagerie cérébrale préalable est alors requise, le risque étant l’engagement cérébral. En expertise, son absence devant l’un de ces signes est le manquement le plus directement reprochable.
Quels sont les risques de la toxine botulique en neurologie ?
Des effets liés à la diffusion de la toxine à distance du site d’injection, avec de très rares décès, parfois après une dysphagie, une pneumopathie d’inhalation ou une asthénie importante. Les patients avec des troubles neurologiques, surtout de la déglutition, sont plus à risque. La prescription est réservée aux spécialistes expérimentés.
Quelles sont les obligations de prescription du valproate ?
Depuis le 6 janvier 2025, une attestation annuelle d’information partagée cosignée remplace l’accord de soins pour les filles et femmes en âge de procréer. Le dispositif s’étend aux hommes et adolescents, avec initiation par le neurologue, le psychiatre ou le pédiatre, et mise en conformité avant le 30 juin 2025. La pharmacie exige l’attestation.
Qui doit prouver que le patient a été informé ?
Le professionnel de santé. L’article L.1111-2 du code de la santé publique prévoit qu’en cas de litige, il appartient au professionnel ou à l’établissement de prouver que l’information a été délivrée, par tout moyen. Ce renversement de la preuve date de l’arrêt Hédreul (Cass. 1re civ., 25 février 1997, n° 94-19.685).

Prêt à vous couvrir ?

Faites couvrir tous les actes de votre exercice de neurologue

EMG, ponction lombaire, toxine botulique : une définition d’activité qui correspond à votre pratique réelle.

100 % gratuit
Sans engagement
2 minutes max